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POINT DE SITUATION | ÉTATS-UNIS

Mardi 14 juillet 2020 [Analyse des données du 13/07/2020]

La Californie n’a malheureusement pas le choix. Arrière toute.

 

Des chiffres en trompe l’œil

 

Il est toujours délicat de tirer des conclusions sur la situation aux Etats-Unis où la pandémie est encore loin, bien loin d’être jugulée. En effet, malgré une tendance des décès baissière depuis début juin – les pics de fin avril / début mai aux alentours de 3 000 décès quotidiens semblant aujourd’hui clairement derrière -, le nombre de contaminations, à l’inverse, explose depuis maintenant près de deux semaines avec des moyennes récentes de 60 000 cas / jour. Lundi 13 juillet, le pays a ainsi enregistré 62 918 nouveaux cas en 24h et la Californie, fortement touchée, a décidé de faire brutalement machine arrière sur le déconfinement. En ce qui concerne les décès, le bilan officiel demeure funeste avec plus de 130 000 victimes officiellement comptabilisées (135 615).

En valeur absolue, les Etats-Unis sont de loin le pays de plus touché au monde devant le Brésil (72 833) et le Royaume-Uni (44 915). Ils n’apparaissent toutefois qu’au 7e rang du classement des nations rapportées à leur population (avec un ratio de 41,1 décès pour 100 000 habitants contre 85 décès pour 100 000 habitants en Belgique et 44 pour la France).

Coronavirus-Etats-Unis

Source : Le Parisien

 

Plusieurs modèles épidémiologiques avaient prédit que le nombre de 100 000 décès sera atteint d’ici juin et 127 000 à la fin du mois, et ont donc été vérifiés de manière assez précise. Si ces prédictions sont loin d’être parfaites, elles peuvent malgré tout délivrer de précieux enseignements, à plus d’un titre. La Maison Blanche a également revu ses prévisions à la hausse et évoque désormais un bilan qui pourrait aller jusqu’à 240 000 décès.

La situation demeure difficile à bien évaluer dans un pays vaste, touché de manière disparate et dont les politiques ne sont pas uniformes au niveau des différents Etats. Le suivi – et donc la gestion globale de l’épidémie – se révèlent extrêmement laborieux. Un exemple ? Les données de dépistage diffèrent entre le CDC et les Etats… et peuvent aller jusqu’à des écarts constatés de 31% comme en Floride !

 

Une flambée de nouveaux cas… et une épidémie hors de contrôle ?

 

Les USA connaissent depuis maintenant plusieurs semaines une nouvelle flambée de contaminations avec des courbes en hausse dans la majorité des Etats. L’OMS recommande de mettre en place des mesures de confinement si 5% des tests effectués dans une région donnée sont positifs sur une période de deux semaines. Aux Etats-Unis, 35 Etats présentent actuellement des chiffres supérieurs à ce seuil ! Seuls le New Jersey et Rhode Island présentent des courbes significativement décroissantes (- 10% sur une semaine). La Floride inquiète tout particulièrement, comme le Texas, l’Arizona, le Mississippi ou la Caroline du Sud. Anthony Fauci, l’immunologiste en chef de la Maison Blanche, s’est dit particulièrement inquiet, n’hésitant pas à déclarer que le pays était « enlisés jusqu’aux genoux dans la pandémie ». Des scientifiques répondent par l’affirmative à l’évocation d’une épidémie de nouveau hors de contrôle.

 

 

Au total, 3 364 546 cas ont été confirmés aux USA – pour près de 41 millions de tests pratiqués au total selon les chiffres de The Covid Tracking Project. A titre de comparaison, le 2e pays le plus atteint est le Brésil avec près de 1 880 000 dépistages positifs. Malgré une augmentation des tests effectués, les chiffres réels demeurent vraisemblablement supérieurs. Quant à la stratégie choisie, elle soulève bien des questions et The Vox pointe les carences de celle-ci dans une vidéo fort bien conçue.

Le suivi élaboré par Politico propose un suivi précis de l’apparition quotidienne des cas dans le pays. Il peut être complété par un nouvel outil de visualisation, mis au point par Peter James Walker de PublicRelay, qui permet notamment de suivre les campagnes de dépistage Etat par Etat. Par ailleurs, le processus pour tester les personnes se révèle bien plus complexe qu’il n’y paraît, ainsi que le détaille cet excellent article de Vox. La stratégie – ou l’absence de stratégie – de l’administration Trump pourrait également avoir de sérieuses conséquences. A l’instar de la France – et de tous les autres pays -, le décompte exact est rendu impossible en raison du décès de personnes non diagnostiquées.

Le décompte représente une opération très délicate, et l’on peut déboucher, sans surprise, sur des bilans sous-évalués ou à l’inverse sur-évalués. En outre, le CDC aurait confondu les tests de viralité et ceux visant à identifier des anticorps dans ses bilans, ce qui n’arrange rien à l’affaire…

 

La situation à New York

 

New York reste l’Etat le plus touché avec plus de 400 000 cas. En ce qui concerne les victimes, des bilans différents sont évoquées. Les autorités locales évoquent un total d’environ 25 000 victimes quand la JHU et le CDC s’accordent sur un chiffre qui dépasse les 30 000 décès. Cet écart correspond aux 5 000 personnes « probablement décédées » du coronavirus, sans qu’il y ait pu avoir confirmation officielle. Les mesures prises ont malgré tout porté leurs fruits. Les courbes sont désormais à la baisse depuis plusieurs semaines et les chiffres demeurent pour le moment plutôt rassurants.

L’évolution favorable de la situation a ouvert la voie à la réouverture. Aujourd’hui, les 10 régions que comporte l’Etat sont entrées dans la phase 3 du processus. Des stratégies pour réouvrir les établissement scolaires à partir de l’automne sont actuellement en cours d’élaboration.

Tous les yeux sont forcément rivés sur New York City qui est la 10e et dernière région de l’Etat à s’être lancée dans le déconfinement lundi 8 juin. Tout s’est déroulé selon le plan prévu et Big Apple est entrée dans la phase 3 à partir du lundi 6 juillet (avec quelques restrictions cependant, notamment sur l’accès aux lieux en intérieur). Le gouverneur Andrew Cuomo a appelé à la plus grande vigilance, menaçant de revenir en arrière si les habitants ne respectaient pas scrupuleusement les consignes.

 

Zones sensibles – Floride, Texas et Arizona touchés de plein fouet

 

Le New Jersey limitrophe est également sévèrement impacté avec plus de 175 000 cas et plus de 15 000 décès. La pandémie a d’ailleurs fait d’ailleurs bien plus de dégâts à l’est du pays jusqu’à présent. Les Etats de New York et du New Jersey représentent à eux deux près de 50% du total des cas et 38% des décès. Ainsi, New York présente un rapport de 165 décès / 100 000 habitants – et 270 / 100 000 hab. à New York City. Ce chiffre est de 175 pour le New Jersey. En revanche, l’ouest est relativement épargné jusqu’à présent, bien que la situation soit en train d’empirer de manière inquiétante. Ainsi, la Californie affiche un bilan de 18 décès pour 100 000 habitants (7 086 décès au total). Au Texas, deuxième Etat le plus peuplé, le chiffre tombe à 11 (3 313 décès au total).

La pandémie est toutefois clairement entrée dans une deuxième phase. Les points chauds ont switché, avec une tendance actuellement à la hausse dans de nombreux Etats qui n’étaient pas les premiers touchés. La Floride devient le nouvel épicentre de l’épidémie avec un nombre de personnes contaminées qui a quintuplé en deux semaines – et des pics à plus de 15 000 nouveaux cas / 24h. Dans l’Etat, 56 unités de soins intensifs ont déjà atteint leur capacité maximale d’accueil.

Au Texas, plus de 8 000 personnes sont hospitalisées dans l’Etat où le taux de mortalité a augmenté de + 57% depuis la mi-mai. Des phénomènes appelés les « covid parties » inquiètent, notamment après le décès d’un trentenaire qui avait participé à ce type de rassemblement dans l’Etat. Enfin, l’Arizona est l’Etat le plus sévèrement touché en matière d’intensité. La courbe des contaminations augmente ainsi 34% plus vite qu’en Floride et plus de 50% plus vite qu’au Texas !

La plupart des Etats du Sud, comme le Kansas ou le Missouri, présentent eux aussi des courbes inquiétantes. A l’inverse, les Etats de l’Est sont engagés dans des tendances nettement baissières.

 

Source : NPR

 

Des foyers surgissent toujours. Le Texas compte trois des quatre clusters actuels avec la plus forte concentration de cas. Miami, avec plus de 53 000 cas et une tendance haussière, est la grande ville du pays la plus touchée. Phoenix, qui compte plus de 37 000 cas et occupe la 11e place, est aussi sérieusement concernée.

Les micro clusters

Source : New York Times

 

Déconfinement : en arrière toute ! Le cas emblématique de la Californie

 

Alors que les 50 Etats étaient engagés, à des niveaux différents certes, dans une logique de levée des restrictions, la donne a brutalement changé en l’espace d’une semaine. En raison de la nouvelle flambée, un spectaculaire retour en arrière est opéré dans au moins 22 Etats. En Californie, le gouverneur Gavin Newsom a pris une décision radicale lundi 13 juillet. En effet, dans tout l’Etat, bars, restaurants et cinémas ont notamment été refermés. Par ailleurs, de nombreux commerces et services – centres commerciaux, bureaux, etc. – sont également concernés par ces mesures dans des comtés à risque. 80% de la population de l’Etat se trouve ainsi directement impactée par ce soudain retour en arrière ! D’autres Etats, comme l’Oregon ou le Nouveau-Mexique, ont également adopté cette logique.

Les Etats dirigés par des gouverneurs républicains (Géorgie, Tennessee, Floride, etc.) avaient été les premiers à enclencher la manœuvre du déconfinement. Les manifestations anti-confinement, illustrées par les images de militants armés dans l’enceinte du Capitole du Michigan, seront assurément un fait marquant de la période.

 

Avancée du processus de déconfinement Etat par Etat

 

Source : New York Times

 

 

Un article à lire

Fauci : « I don’t think you can say we’re doing great. I mean, we’re just not » (FiveThirtyEight)

 

Le point Donald Trump

Avec Donald Trump, il est toujours aussi difficile de démêler le vrai du faux ! Passé maître en matière de « fake news », le président américain a fait de cette « arme » un outil privilégié de sa stratégie de communication. La rédaction du Washington Post a mené l’enquête et identifié plus de 20 000 fausses informations distillées par l’homme fort de la Maison Blanche depuis le début de son mandat, soit une moyenne hallucinante de 13 par jour !

En attendant, le phénomène Trump devrait continuer à faire des réseaux sociaux son terrain de jeu favori, lui qui vient en outre de récupérer son compte Twitch après avoir été banni de la plateforme durant deux semaines.

 

Autres liens utiles

Les statistiques détaillées pour les Etats-Unis

L’historique des points de situation

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