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POINT DE SITUATION | ÉTATS-UNIS

Jeudi 25 juin 2020 [Analyse des données du 24/06/2020]

Moins de décès mais l’inquiétude demeure

 

En juin, les courbes des décès à la baisse…

Il est toujours délicat de tirer des conclusions sur la situation aux Etats-Unis où la pandémie est encore loin d’être jugulée. La tendance est malgré tout baissière depuis début juin, les pics de fin avril – début mai aux alentours de 3 000 décès quotidiens semblant aujourd’hui clairement derrière. Mardi, la courbe est restée dans la tendance actuelle en demeurant sous la barre des 1 000 pour un 15e jour consécutif (692 en 24h). Il s’agit des plus faibles totaux depuis fin mars, mais la partie est loin d’être gagnée. Ils viennent s’ajouter à un bilan officiel qui demeure néanmoins funeste avec plus de 100 000 victimes officiellement comptabilisées (124 410).

Plusieurs modèles épidémiologiques avaient prédit que le nombre de 100 000 décès sera atteint d’ici juin et 113 000 à la mi-juin, et ont donc été vérifiés. Le chiffre de 127 000 est désormais évoqué d’ici la fin du mois mais pourrait finalement ne pas être atteint au regard de la tendance actuelle. Si ces prédictions sont loin d’être parfaites, elles peuvent malgré tout délivrer de précieux enseignements, à plus d’un titre. La Maison Blanche a également revu ses prévisions à la hausse et évoque désormais un bilan qui pourrait aller jusqu’à 240 000 décès.

En valeur absolue, les Etats-Unis sont de loin le pays de plus touché au monde devant le Brésil (54 971) et le Royaume-Uni (43 314). Ils n’apparaissent toutefois qu’au 9e rang du classement des nations rapportées à leur population (avec un ratio de 37,7 décès pour 100 000 habitants contre 84 décès pour 100 000 habitants en Belgique et 44 pour la France).

La situation demeure difficile à bien évaluer dans un pays vaste, touché de manière disparate et dont les politiques ne sont pas uniformes au niveau des différents Etats. Le suivi – et donc la gestion globale de l’épidémie – se révèlent extrêmement laborieux. Un exemple ? Les données de dépistage diffèrent entre le CDC et les Etats… et peuvent aller jusqu’à des écarts constatés de 31% comme en Floride !

 

… mais une flambée de nouveaux cas

 

La situation est cependant loin d’être stabilisée. Le pays connaît une nouvelle flambée de contaminations. Ainsi, 37 000 nouveaux cas ont été identifiés en 24h jeudi – contre une moyenne de 20 000 durant la première partie de juin. Pas moins de 12 Etats ont connu des records de nouveaux cas identifiés cette semaine. Anthony Fauci, l’immunologiste en chef de la Maison Blanche, s’est dit particulièrement inquiet, précisant que les deux prochaines semaines allaient être « critiques ». Au total, 2 422 312 cas ont été confirmés aux USA – pour plus de 29 millions de tests pratiqués au total selon les chiffres de The Covid Tracking Project. A titre de comparaison, le 2e pays le plus atteint est le Brésil avec plus de 1 200 000 dépistages positifs. Malgré une augmentation des tests effectués, les chiffres réels demeurent vraisemblablement supérieurs. Quant à la stratégie choisie, elle soulève bien des questions et The Vox pointe les carences de celle-ci dans une vidéo fort bien conçue.

 

Le suivi élaboré par Politico propose un suivi précis de l’apparition quotidienne des cas dans le pays. Il peut être complété par un nouvel outil de visualisation, mis au point par Peter James Walker de PublicRelay, qui permet notamment de suivre les campagnes de dépistage Etat par Etat. Par ailleurs, le processus pour tester les personnes se révèle bien plus complexe qu’il n’y paraît, ainsi que le détaille cet excellent article de Vox. La stratégie – ou l’absence de stratégie – de l’administration Trump pourrait également avoir de sérieuses conséquences. A l’instar de la France – et de tous les autres pays -, le décompte exact est rendu impossible en raison du décès de personnes non diagnostiquées.

Le décompte représente une opération très délicate, et l’on peut déboucher, sans surprise, sur des bilans sous-évalués ou à l’inverse sur-évalués. En outre, le CDC aurait confondu les tests de viralité et ceux visant à identifier des anticorps dans ses bilans, ce qui n’arrange rien à l’affaire…

 

La situation à New York

 

New York reste l’Etat le plus touché avec plus de 380 000 cas. En ce qui concerne les victimes, des bilans différents sont évoquées. Les autorités locales évoquent un total d’environ 25 000 victimes quand la JHU et le CDC s’accordent sur un chiffre qui dépasse les 30 000 décès. Cet écart correspond aux 5 000 personnes « probablement décédées » du coronavirus, sans qu’il y ait pu avoir confirmation officielle. Les mesures prises ont malgré tout porté leurs fruits. Les courbes sont désormais à la baisse depuis plusieurs semaines.

L’évolution plutôt favorable de la situation a ouvert la voie à la réouverture. Aujourd’hui, 9 régions sur les 10 que comporte l’Etat sont entrées dans la phase 3 du processus. Dans ces zones, la population a de nouveau accès aux restaurants en intérieur (avec des mesures particulières cependant) et à des endroits comme les salons de beauté ou de tatouage.

Enfin, tous les yeux sont rivés sur New York City qui est la 10e et dernière région de l’Etat à s’être lancée dans le déconfinement lundi 8 juin. Tout s’est déroulé selon le plan prévu et Big Apple est entrée dans la phase 2 à partir du lundi 22 juin. 300 000 personnes ont retrouvé le chemin du travail et la ville demeure un point chaud qu’il faudra surveiller. Le gouverneur Andrew Cuomo a d’ailleurs appelé à la plus grande vigilance, menaçant de revenir en arrière si les habitants ne respectaient pas scrupuleusement les consignes.

 

Zones sensibles – La Floride nouvel épicentre de l’épidémie ?

 

Le New Jersey limitrophe est également sévèrement impacté avec plus de 170 000 cas et près de 15 000 décès. La pandémie a d’ailleurs fait d’ailleurs bien plus de dégâts à l’est du pays jusqu’à présent. Les Etats de New York et du New Jersey représentent à eux deux près de 50% du total des cas et 38% des décès. Ainsi, New York présente un rapport de 160 décès / 100 000 habitants – et 259 / 100 000 hab. à New York City. Ce chiffre est de 167 pour le New Jersey. En revanche, l’ouest est relativement épargné jusqu’à présent. Ainsi, la Californie affiche un bilan de 15 décès pour 100 000 habitants (5 810 décès au total). Au Texas, deuxième Etat le plus peuplé, le chiffre tombe à 8 (2 321 décès au total).

La pandémie est toutefois clairement entrée dans une deuxième phase. Les points chauds sont en train de switcher, avec une tendance actuellement à la hausse dans 18 Etats… qui n’étaient pas les premiers touchés.  Lundi, pas moins de 29 Etats ont présenté un bilan supérieur à la veille. Avec 3 000 à 4 000 cas répertoriés quotidiennement, la Floride semble en passe de devenir le nouvel épicentre de l’épidémie – avec plus de 100 000 cas et 3 200 décès au total. L’Arizona – où la situation est jugée « alarmante » par des experts, a connu une hausse des cas de + 210% ces deux dernières semaines. Le Texas, l’Arkansas, la Caroline du Nord, la Caroline du Sud et l’Utah présentent eux aussi des courbes inquiétantes. A l’inverse, les Etats de l’Est sont engagés dans des tendances nettement baissières.

 

 

 

Source : Huffington Post

 

Des foyers surgissent toujours. Une explosion a été identifiée à Palestine au Texas (922 cas sur les deux dernières semaines. Malgré les mesures préventives prises très tôt, la Californie n’est pas plus à l’abri qu’une autre région. Ainsi, 2 692 cas ont été repérés à El Centro. L’Arizona est également sévèrement touchée avec deux des principaux foyers actuels situés à Yuma et Show Low.

Les micro clusters

Source : New York Times

 

Déconfinement

 

Le processus de déconfinement se poursuit à grande vitesse. Aujourd’hui, les 50 Etats sont ainsi engagés, à des niveaux différents certes, dans une logique de levée des restrictions. Cependant, en raison de la nouvelle flambée, certains d’entre eux commencent à freiner la manœuvre, à l’image du Texas.

Les Etats dirigés par des gouverneurs républicains (Géorgie, Tennessee, Floride, etc.) ont été les premiers à enclencher la manœuvre. Les manifestations anti-confinement, illustrées par les images de militants armés dans l’enceinte du Capitole du Michigan, seront assurément un fait marquant de la période. En Californie, les autorités se montrent bien plus prudentes, notamment à Los Angeles et San Francisco. Dans le comté de Los Angeles, les directives de confinement devraient ainsi être prolongées de 3 moisA New York, les 10 régions sont désormais engagées dans un processus de déconfinement et l’accès aux plages a été rétabli à l’occasion du week-end du Memorial Day.

Les grands parcs nationaux ont également rouvert leurs portes la semaine dernière, tout comme les célèbres casinos de Las Vegas. Dans la foulée, les fameuses plages de Miami ont rénoué avec la normalité. La semaine passée, les magasins poursuivent leur retour à la normale, à l’image des 70 Apple Stores qui rouvrent leurs portes. Les sportifs devraient également retrouver le chemin du terrain. Les Ligues de basketball (NBA) et hockey (NHL) sont ainsi entrées concrètement dans un processus de reprise de la saison, même si la multiplication de cas positifs parmi les athlètes met un frein à cet élan.  De nombreux experts estiment le processus risqué et prématuré. Alors que le business reprend et que le pays est secoué de toutes parts avec les manifestations, The Atlantic n’hésite pas à parler d’une nation qui « lâche l’affaire » sur le volet pandémie.

 

Avancée du processus de déconfinement Etat par Etat

 

Source : New York Times

 

 

Un article à lire

Coronavirus : pourquoi le nombre de contaminations explose aux Etats-Unis (L’Express)

 

Le point Donald Trump

L’arroseur arrosé ? Et si les réseaux sociaux étaient finalement les fossoyeurs des ambitions de Donald Trump ? Le président qui utilise notamment largement Twitter pour sa communication, est actuellement lancé dans un conflit latent contre plusieurs plateformes. Ainsi, récemment, Twitter, Snapchat ou Facebook ont décidé de signaler certaines de ses publications.

Quant aux utilisateurs de Tik Tok, le nouveau réseau star, ils sont allés encore plus loin. En effet, ils ont tout simplement lancé une vaste campagne afin d’inciter à l’achat de places pour le grand meeting de campagne de Trump à Tulsa… en invitant à ne surtout pas se rendre à l’événement ! Les milliers de sièges vides dans la salle ont démontré qu’ils avaient plutôt bien réussi leur coup !

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