par

Bienvenue sur coronavirus statistiques,
seul site de statistiques COVID-19 allant du
département au continent

POINT DE SITUATION | ÉTATS-UNIS

Mercredi 3 juin 2020 [Analyse des données du 02/06/2020]

 

Des signaux encourageants ?

Les courbes continuent d’osciller aux Etats-Unis, rendant difficile sinon impossible l’établissement de tendances fortes. Mardi, la barre des 1 000 décès a de nouveau été franchie avec 1 081 nouvelles victimes enregistrées en 24h. Elles viennent s’ajouter à un bilan officiel qui a franchi la semaine passée la barre symbolique et redoutée des 100 000 victimes officiellement comptabilisées (106 180).

Plusieurs modèles épidémiologiques avaient prédit que le nombre de 100 000 décès sera atteint d’ici juin et ont donc été vérifiés. Le chiffre de 113 000 est désormais évoqué d’ici la mi-juin. Si ces prédictions sont loin d’être parfaites, elles peuvent malgré tout délivrer de précieux enseignements, à plus d’un titre. La Maison Blanche a également revu ses prévisions à la hausse et évoque désormais un bilan qui pourrait aller jusqu’à 240 000 décès.

En valeur absolue, les Etats-Unis sont de loin le pays de plus touché au monde devant le Royaume-Uni (39 369) et l’Italie (33 530). Ils n’apparaissent toutefois qu’au 9e rang du classement des nations rapportées à leur population (avec un ratio de 32,1 décès pour 100 000 habitants contre 81 décès pour 100 000 habitants en Belgique et 42 pour la France). La situation demeure difficile à bien évaluer dans un pays vaste, touché de manière disparate et dont les politiques ne sont pas uniformes au niveau des différents Etats. Le suivi – et donc la gestion globale de l’épidémie – se révèlent extrêmement laborieux. Un exemple ? Les données de dépistage diffèrent entre le CDC et les Etats… et peuvent aller jusqu’à des écarts constatés de 31% comme en Floride !

Environ 20 000 à 30 000 nouveaux cas sont déclarés chaque jour, soit une augmentation extrêmement régulière de + 1/2% / 24h. Au total, 1 831 435 cas ont été confirmés aux USA – pour plus de 17 millions de tests pratiqués au total selon les chiffres de The Covid Tracking Project. A titre de comparaison, le 2e pays le plus atteint est le Brésil avec plus de 550 000 dépistages positifs. En fin de semaine passée, Donald Trump a d’ailleurs fermé les frontières des USA aux étrangers venant du Brésil. Les USA viennent en outre d’expédier 2 millions de doses d’hydroxychloroquine au géant sud-américain, quand bien même le traitement n’a pas été approuvé par la communauté scientifique. Malgré une augmentation des tests effectués, les chiffres réels demeurent vraisemblablement supérieurs. Le suivi élaboré par Politico propose un suivi précis de l’apparition quotidienne des cas dans le pays. Il peut être complété par un nouvel outil de visualisation, mis au point par Peter James Walker de PublicRelay, qui permet notamment de suivre les campagnes de dépistage Etat par Etat.

Par ailleurs, le processus pour tester les personnes se révèle bien plus complexe qu’il n’y paraît, ainsi que le détaille cet excellent article de Vox. La stratégie – ou l’absence de stratégie – de l’administration Trump pourrait également avoir de sérieuses conséquences. A l’instar de la France – et de tous les autres pays -, le décompte exact est rendu impossible en raison du décès de personnes non diagnostiquées. Le décompte représente une opération très délicate, et l’on peut déboucher, sans surprise, sur des bilans sous-évalués ou à l’inverse sur-évalués. En outre, le CDC aurait confondu les tests de viralité et ceux visant à identifier des anticorps dans ses bilans, ce qui n’arrange rien à l’affaire…

 

La situation à New York

 

New York reste l’Etat le plus touché avec plus de 360 000 cas. En ce qui concerne le nombre exact victimes, les bilans diffèrent. Les autorités locales évoquent 24 023 décès quand la JHU et le CDC avancent un chiffre proche de 30 000 Cette différence correspond aux 5 000 personnes qui sont très probablement décédées de causes liées au virus sans qu’il y ait forcément eu reconnaissance officielle. Les mesures prises ont malgré tout porté leurs fruits. Les courbes sont désormais stables depuis plusieurs semaines. Le nombre d’hospitalisations, de personnes en réanimation et de nouvelles hospitalisations sont à la baisse.

L’évolution plutôt favorable de la situation a finalement ouvert la voie à la réouverture. A l’occasion du Memorial Day, l’accès aux plages a été restauré. 5 régions ont enclenché la phase 2 du processus de déconfinement et vont être suivies par 2 autres régions mardi et mercredi. Long Island vient d’assouplir les mesures de confinement. Dès lors, sur les 10 régions de l’Etat, New York City demeure désormais la seule à rester complètement ferméeLe gouverneur Andrew Cuomo a toutefois donné une échéance : la phase 1 du processus de réouverture sera enclenchée aux alentours du 8 juin. A New York, comme ailleurs dans le pays, les manifestations liées à la mort de George Floyd inquiètent les autorités.

 

Zones sensibles

 

Le New Jersey limitrophe est également sévèrement impacté avec plus de 160 000 cas et 11 000 décès. La pandémie fait d’ailleurs bien plus de dégâts à l’est du pays. Les Etats de New York et du New Jersey représentent à eux deux près de 50% du total des cas et 38% des décès. Ainsi, New York présente un rapport de 153 décès / 100 000 habitants – et 250 / 100 000 hab. à New York City. Ce chiffre est de 133 pour le New Jersey. En revanche, l’ouest est relativement épargné jusqu’à présent. Ainsi, la Californie affiche un bilan de 11 décès pour 100 000 habitants (4 360 décès au total). Au Texas, deuxième Etat le plus peuplé, le chiffre tombe à 6 (1 732 décès au total).

La pandémie semble toutefois entrer dans une deuxième phase. Les points chauds sont en train de switcher, avec une tendance actuellement à la hausse dans 17 Etats… qui n’étaient pas les premiers touchés. Le Texas arrive ainsi en tête des nouvelles zones sensibles, devant l’Arizona, l’Illinois, le Colorado et l’Ohio.

Des foyers surgissent toujours. Malgré les mesures préventives prises très tôt, la Californie n’est pas plus à l’abri qu’une autre région. Ainsi, 1 321 cas ont été identifiés à El Centro et 710 à Hanford-Corcoran lors des deux dernières semaines, avec des tendances qui demeurent à la hausse. Idem pour le Texas où un foyer vient de surgir à Huntsville, ville qui affiche un taux de croissance quotidien de nouveaux cas particulièrement inquiétant (+ 19% en 24h) avec une tendance haussière. Fayetteville-Springdale, dans l’Arkansas, connaît également une éruption au niveau des cas qui doit être surveillée (+ 12% en 24h).

 

Déconfinement

 

Le processus de déconfinement se poursuit à grande vitesse. Aujourd’hui, les 50 Etats sont ainsi engagés, à des niveaux différents certes, dans une logique de levée des restrictions.

Les Etats dirigés par des gouverneurs républicains (Géorgie, Tennessee, Floride, etc.) ont été les premiers à enclencher la manœuvre. Les manifestations anti-confinement, illustrées par les images de militants armés dans l’enceinte du Capitole du Michigan, seront assurément un fait marquant de la période. En Californie, les autorités se montrent bien plus prudentes, notamment à Los Angeles et San Francisco. Dans le comté de Los Angeles, les directives de confinement devraient ainsi être prolongées de 3 mois. A New York, 9 régions sur 10 sont engagés dans un processus de déconfinement et l’accès aux plages a été rétabli à l’occasion du week-end du Memorial Day. Les grands parcs nationaux ont également rouvert leurs portes cette semaine. De nombreux experts estiment le processus risqué et prématuré. Le New Yorker analyse ainsi ce qui s’apparente à un véritable « rush » qui se déroule dans le désordre.

 

 

Avancée du processus de déconfinement Etat par Etat

 

Source : New York Times

 

 

Un article à lire

The US tested the wrong people for the coronavirus (The Vox)

 

Le point Donald Trump

Donald Trump est sous le feu des critiques. De nombreuses voix s’élèvent actuellement, lui reprochant son ton martial et sa gestion des manifestations consécutives à la mort de George Floyd. Le président ne se laisse évidemment pas démonter.

Mardi, il a ainsi fustigé sur Twitter « les médias qui répandent des fake news, l’extrême gauche et les voyous qui, de concert, mettent de l’huile sur le feu ». Il s’est aussi justifié en prétextant que son administration était celle qui « avait fait le plus pour la communauté noire depuis Abraham Lincoln ».

 

Explorateur

Choisissez votre pays