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POINT DE SITUATION | ÉTATS-UNIS

Lundi 15 juin 2020 [Analyse des données du 14/06/2020]

 

Vers une accélération des dépistages aux Etats-Unis ?

 

Vers le début de la fin de la pandémie ?

Il est toujours délicat de tirer des conclusions sur la situation aux Etats-Unis où la pandémie est encore loin d’être jugulée. La tendance est malgré tout baissière depuis début juin, les pics de fin avril – début mai aux alentours de 3 000 décès quotidiens semblant aujourd’hui clairement derrière. Dimanche, 382 décès ont été enregistrés, soit le plus faible total en 24h depuis fin mars. Ils viennent s’ajouter à un bilan officiel qui demeure funeste avec plus de 100 000 victimes officiellement comptabilisées (115 729).

Plusieurs modèles épidémiologiques avaient prédit que le nombre de 100 000 décès sera atteint d’ici juin et 113 000 à la mi-juin, et ont donc été vérifiés. Le chiffre de 127 000 est désormais évoqué d’ici la fin du mois. Si ces prédictions sont loin d’être parfaites, elles peuvent malgré tout délivrer de précieux enseignements, à plus d’un titre. La Maison Blanche a également revu ses prévisions à la hausse et évoque désormais un bilan qui pourrait aller jusqu’à 240 000 décès.

En valeur absolue, les Etats-Unis sont de loin le pays de plus touché au monde devant le Brésil (43 332) qui vient de dépasser le Royaume-Uni (41 783). Ils n’apparaissent toutefois qu’au 9e rang du classement des nations rapportées à leur population (avec un ratio de 35 décès pour 100 000 habitants contre 83 décès pour 100 000 habitants en Belgique et 43 pour la France). La situation demeure difficile à bien évaluer dans un pays vaste, touché de manière disparate et dont les politiques ne sont pas uniformes au niveau des différents Etats. Le suivi – et donc la gestion globale de l’épidémie – se révèlent extrêmement laborieux. Un exemple ? Les données de dépistage diffèrent entre le CDC et les Etats… et peuvent aller jusqu’à des écarts constatés de 31% comme en Floride !

Environ 20 000 nouveaux cas sont déclarés chaque jour, soit une augmentation extrêmement régulière de + 1/2% / 24h. Au total, 2 094 069 cas ont été confirmés aux USA – pour plus de 23 millions de tests pratiqués au total selon les chiffres de The Covid Tracking Project. A titre de comparaison, le 2e pays le plus atteint est le Brésil avec plus de 865 000 dépistages positifs. Malgré une augmentation des tests effectués, les chiffres réels demeurent vraisemblablement supérieurs. Quant à la stratégie choisie, elle soulève bien des questions et The Vox pointe les carences de celle-ci dans une vidéo fort bien conçue.

 

Le suivi élaboré par Politico propose un suivi précis de l’apparition quotidienne des cas dans le pays. Il peut être complété par un nouvel outil de visualisation, mis au point par Peter James Walker de PublicRelay, qui permet notamment de suivre les campagnes de dépistage Etat par Etat. Par ailleurs, le processus pour tester les personnes se révèle bien plus complexe qu’il n’y paraît, ainsi que le détaille cet excellent article de Vox. La stratégie – ou l’absence de stratégie – de l’administration Trump pourrait également avoir de sérieuses conséquences. A l’instar de la France – et de tous les autres pays -, le décompte exact est rendu impossible en raison du décès de personnes non diagnostiquées. Le décompte représente une opération très délicate, et l’on peut déboucher, sans surprise, sur des bilans sous-évalués ou à l’inverse sur-évalués. En outre, le CDC aurait confondu les tests de viralité et ceux visant à identifier des anticorps dans ses bilans, ce qui n’arrange rien à l’affaire…

 

La situation à New York

 

New York reste l’Etat le plus touché avec plus de 380 000 cas. Depuis le 13 juin, autorités locales, JHU et CDC s’accordent sur un chiffre qui dépasse les 30 000 décès. Les mesures prises ont malgré tout porté leurs fruits. Les courbes sont désormais à la baisse depuis plusieurs semaines.

L’évolution plutôt favorable de la situation a ouvert la voie à la réouverture. Cette semaine, 5 régions sur les 10 que comporte l’Etat sont entrées dans la phase 3 du processus. Dans ces zones, la population a de nouveau accès aux restaurants en intérieur (avec des mesures particulières cependant) et à des endroits comme les salons de beauté ou de tatouage. Enfin, tous les yeux sont rivés sur New York City qui est la 10e et dernière région de l’Etat à s’être lancée dans le déconfinement lundi 8 juin. Près de 400 000 personnes ont ainsi retrouvé le chemin du travail et Big Apple restera assurément un point chaud à surveiller dans les semaines à venir. Un passage à la phase 2 est espéré début juillet. Le gouverneur Andrew Cuomo a toutefois appelé à la plus grande vigilance, menaçant de revenir en arrière si les habitants ne respectaient pas scrupuleusement les consignes.

 

Zones sensibles

 

Le New Jersey limitrophe est également sévèrement impacté avec plus de 165 000 cas et plus de 12 000 décès. La pandémie fait d’ailleurs bien plus de dégâts à l’est du paysLes Etats de New York et du New Jersey représentent à eux deux près de 50% du total des cas et 38% des décès. Ainsi, New York présente un rapport de 157 décès / 100 000 habitants – et 256 / 100 000 hab. à New York City. Ce chiffre est de 142 pour le New Jersey. En revanche, l’ouest est relativement épargné jusqu’à présent. Ainsi, la Californie affiche un bilan de 13 décès pour 100 000 habitants (5 089 décès au total). Au Texas, deuxième Etat le plus peuplé, le chiffre tombe à 7 (1 995 décès au total).

La pandémie est toutefois clairement entrée dans une deuxième phase. Les points chauds sont en train de switcher, avec une tendance actuellement à la hausse dans 17 Etats… qui n’étaient pas les premiers touchés. L’Arizona – où la situation est jugée « alarmante » par des experts, a connu une hausse des cas de + 210% ces deux dernières semaines. Le Texas, la Floride, l’Arkansas, la Caroline du Nord, la Caroline du Sud et l’Utah présentent eux aussi des courbes inquiétantes. A l’inverse, les Etats de l’Est sont engagés dans des tendances nettement baissières.

 

Source : Huffington Post

 

Des foyers surgissent toujours. Une explosion de cas est notamment récemment apparu à Logan dans l’Utah (782) avec une croissance de + 15% en 24h. Malgré les mesures préventives prises très tôt, la Californie n’est pas plus à l’abri qu’une autre région. Ainsi, 1 943 cas ont été identifiés à El Centro et 990 à Hanford-Corcoran lors des deux dernières semaines, avec des tendances qui demeurent à la hausse. Idem pour le Texas où  Huntsville a enregistré 1 135 cas sur la dernière quinzaine. Oxford, en Caroline du Nord, connaît également une éruption au niveau des cas qui doit être surveillée (+ 11% en 24h).

 

Déconfinement

 

Le processus de déconfinement se poursuit à grande vitesse. Aujourd’hui, les 50 Etats sont ainsi engagés, à des niveaux différents certes, dans une logique de levée des restrictions.

Les Etats dirigés par des gouverneurs républicains (Géorgie, Tennessee, Floride, etc.) ont été les premiers à enclencher la manœuvre. Les manifestations anti-confinement, illustrées par les images de militants armés dans l’enceinte du Capitole du Michigan, seront assurément un fait marquant de la période. En Californie, les autorités se montrent bien plus prudentes, notamment à Los Angeles et San Francisco. Dans le comté de Los Angeles, les directives de confinement devraient ainsi être prolongées de 3 moisA New York, les 10 régions sont désormais engagées dans un processus de déconfinement et l’accès aux plages a été rétabli à l’occasion du week-end du Memorial Day. Les grands parcs nationaux ont également rouvert leurs portes la semaine dernière, tout comme les célèbres casinos de Las Vegas. Mercredi, c’était au tour des fameuses plages de Miami de renouer avec la normalité. Les sportifs vont également retrouver le chemin du terrain. Les Ligues de basketball (NBA) et hockey (NHL) sont ainsi entrées concrètement dans un processus de reprise de la saison. De nombreux experts estiment le processus risqué et prématuré. Alors que le business reprend et que le pays est secoué de toutes parts avec les manifestations, The Atlantic n’hésite pas à parler d’une nation qui « lâche l’affaire » sur le volet pandémie.

 

Avancée du processus de déconfinement Etat par Etat

 

Source : New York Times

 

 

Un article à lire

Coronavirus 2nd wave ? Nope, the US is still stuck in the 1st one (NPR)

 

Le point Donald Trump

Donald Trump serait-il victime d’un coup de mou ? En visite à l’université militaire de West Point, le président est en effet apparu particulièrement affaibli au moment de son discours. Le bras tremblotant, il a eu du mal à lever un verre d’eau à sa bouche avant d’éprouver les pires difficultés au moment de sa sortie de scène. De quoi raviver les spéculations au sujet de l’état de santé général de l’homme de 74 ans…

Sur Twitter, ce dernier s’est voulu rassurant. « La rampe par laquelle je suis descendu était très longue et raide, sans barre de soutien, et très glissante. Je n’allais quand même pas tomber pour donner du grain à moudre aux Fake News », a-t-il précisé sur Twitter dans son style caractéristique.

 

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