par

Bienvenue sur coronavirus statistiques,
seul site de statistiques COVID-19 allant du
département au continent

POINT DE SITUATION | FRANCE

Lundi 27 juillet 2020

 

« HAUT LES MASQUES » POUR FAIRE FACE À LA COVID-19 

 

C’est le théâtre qui est à l’origine de l’expression « bas les masques ». En effet le masque était l’accessoire de la tromperie qui servait à dissimuler la vérité. Aujourd’hui, l’expression « haut les masques » serait plus appropriée puisqu’il va falloir accepter la vérité et remettre nos masques … 

 

Un monde à genoux devant un virus microscopique

Il y a environ 4 mois l’Europe devenait l’épicentre d’une attaque virale fulgurante dont l’effet de surprise a été énorme. Après la Chine, qui nous semblait bien loin, la France a très vite rejoint l’Italie, l’Espagne qui figuraient dans le peloton de tête avant d’accueillir les US et l’UK. Un mois après, l’Europe comptait environ 80% des décès/jour et dans le même temps les US prenaient la place de l’Asie. Il ne suffisait plus de compter les victimes par pays mais plutôt par continent. La pandémie avait bel et bien fait le tour de la planète…

 

Des problèmes difficiles d’un nouveau genre

Comme certains pays ont placé l’économie avant la santé, il devenait impossible d’établir une stratégie unique sans faire de l’ingérence. Mais alors, comment gérer à la fois un village de Corrèze, une ville comme Paris ou New-York, un bidonville au Bangladesh, une tribu indienne d’Amazonie… ? Comment ramener à la raison les chefs d’Etat qui étaient dans le déni ? Fallait-il très vite fermer les frontières et les espaces aériens ? Le confinement strict était-il la ‘’meilleure’’ solution ? Fallait-il rendre le port du masque obligatoire ? Comment éviter les désaccords entre tous les décideurs ? Comment interpréter les chiffres de différentes sources plus ou moins officielles ? Que penser des gens qui n’ont plus consulté leur médecin pendant le confinement de peur d’être contaminés ? Cela faisait beaucoup de questions qui n’ont reçu que très peu de réponses. 

 

En France, des réactions surprenantes

On a constaté d’énormes différences de comportement suivant les groupes de personnes. Entre les gens qui ont déserté les villes pour aller à la campagne, ceux qui ne voulaient pas respecter les règles, les inconscients, les riches et les pauvres, les « déjà malades »… le virus avait l’embarras du choix. L’âge a été un excellent révélateur qui a montré, par exemple, qu’en quelques mois l’angoisse a changé de camp. Au début les gens âgés et/ou malades étaient très inquiets alors que les jeunes ne se sentaient pas vraiment concernés. À l’inverse, au début du déconfinement, les « rescapés » du 3ème et du 4ème âge ont très vite repris goût à la vie alors que les jeunes, après avoir voulu rattraper le temps perdu, ont commencé à être touchés par la pandémie puis à réaliser que leur bel avenir était plus ou moins compromis.

 

Des bons et des mauvais élèves

Comme c’était une situation exceptionnelle, la plupart des pays se sont trouvés désemparés. La solution qui s’imposait, « tester, isoler et traiter » n’a pas pu être mise en pratique partout. Cela demandait de la réflexion, une stratégie, de la discipline, des moyens… De plus, les différentes cultures, politiques et situations sanitaires ont engendré des réactions qui manquaient de cohérence alors qu’au début le principal problème était double : ne pas être contaminés et ne pas contaminer les autres. L’autre énorme difficulté était de soigner les malades alors que le médicament miracle n’existait pas. Les hôpitaux ont très vite été submergés et heureusement les soignants de tous bords ont fait preuve d’un dévouement et d’une abnégation exceptionnels. Certains pays ont été exemplaires, d’autres beaucoup moins voire même pas du tout. Les temps de réaction, la mauvaise foi, les circonstances, le hasard ont fini par mettre la planète dans une situation très aléatoire avec des foyers hors contrôle même encore aujourd’hui.

 

Une drôle de descente

Même avec 6 mois de recul je ne connais personne capable aujourd’hui de prédire l’état du monde ou de la France à moyen terme. Prenons comme seul paramètre le nombre de décès/jour pour toute la planète.

 

 

– Du 15 mars au 15 avril, pour « l’UE + les US » ce nombre est passé de 400 à 6 000. Après le pic, une descente en pente douce nous a emmené à 4 000 décès/jour en 6 semaines. Nous étions fin-mai et pour beaucoup la pandémie semblait sur le point de capituler. Pourtant, certains parlaient déjà d’une seconde vague. Il suffisait de remarquer que pendant que « l’UE + les US » voyaient leur nombre de décès/jour divisé par 3, d’autres retardataires souvent retors voyaient leur nombre multiplié par 4. C’était une belle illusion d’optique qui cachait le fait que l’épicentre de la pandémie s’était déplacé. 

– Pendant tout le mois de juin, la baisse notable de « l’UE + les US » a été anéantie par la hausse d’autres pays (Brésil, Mexique, Inde, Pérou, Iran…) où le nombre de décès/jour est reparti à la hausse en étant bien souvent hors-contrôle. J’ai longtemps espéré que le maximum relatif du 20 juin soit annonciateur d’une seule ou d’une suite de petites  vaguelettes… Mauvaise pioche, nous en sommes aujourd’hui à 5 600 décès/jour sur une pente douce montante qui concerne au moins 1/3 de la population mondiale. Autant dire que l’on joue les prolongations comme au football. Rappelons que le maximum enregistré le 15.04 a été de 6 754 décès/jour.

 

Suivons le match « Europe contre le reste de monde »

On pourrait déjà presque conclure que l’Europe et la France en particulier sont à l’abri de cette nouvelle menace… L’Europe est le seul continent qui a réussi à faire baisser le nombre de décès/jour de manière continue depuis 3 mois. Pourtant les tous derniers chiffres indiquent une faible recrudescence de la pandémie en France. Certains pensent que c’est très grave et d’autres pensent exactement le contraire. En fait depuis la fin du confinement, on a augmenté le nombre de tests, ouvert des frontières et des aéroports, puis les gens ont négligé les gestes barrière, multiplié les rassemblements… Automatiquement, cela a fait passer le Ro de 0.7 à 1.3 et a développé plusieurs centaines de clusters. Sans oublier que nous sommes en pleine période de vacances ! Par contre, on observe que le nombre d’hospitalisations ou de décès ne suivent pas l’augmentation du nombre de cas qui est en partie lié au nombre de tests. Comme on ne peut pas invoquer l’immunité collective qui est restée très faible, attendons encore 2 ou 3 semaines pour y voir plus clair.

Par contre, pour « le reste du monde » en particulier le Brésil, le Mexique, l’Inde, les US, je serais beaucoup moins optimiste. Pour autant, nous ne devons pas nous désintéresser trop vite de leur situation car il est strictement impossible de deviner à l’avance l’incidence que cela pourrait avoir en Europe.

 

La France face à deux problèmes

La situation de la France n’est pas vraiment dramatique, d’autant plus qu’elle peut être encore largement améliorée. Par contre, elle doit rester attentive à ce qui se passe dans le monde. Cela réclame une double vigilance sans savoir à l’avance quel sera le maillon faible.

Du coté de l’Amérique Latine et l’Asie, nous n’avons aucun pouvoir de décision si ce n’est des aides et des conseils. On pourrait penser que les distances qui nous séparent nous mettent à l’abri mais la simple ouverture des lignes aériennes va aussi permettre aux virus de recommencer à voyager.

En France, un peu de discipline doublé d’un zeste de pédagogie pourrait facilement faire repasser le Ro en dessous de 1. Le port du masque, des échanges limités, le lavage des mains… en fait, tous les gestes barrière que tout le monde connaît doivent être appliqués d’une manière beaucoup plus responsable. La façon de traiter les clusters est fondamentale et il est dommage de se priver du potentiel du StopCovid. On peut aussi éviter de se rendre dans les pays à risques… ou de se focaliser sur un hypothétique vaccin qui, aujourd’hui, ne brille seulement que par les sommes engagées.

 

Pour vaincre la Covid-19, l’Europe et la France en particulier doivent encore faire des efforts. Cette réussite serait un bel exemple à suivre pour le reste du monde.

 

Henri DIDELLE  le 26.07.2020 

 

*Image en tête : Nicolas DUPREY/ CD 78

 

Liens utiles

La page de statistiques globale

Les anciennes analyses de la situation

 

Explorateur

Choisissez votre pays